Et le sang coulait dans les rues

Dans le stationnement de mon université, là où les enfants de riches stationnent leur BMW, quelques poules vivent leur vie picorant tranquille, jusqu’au jour où elles se font égorger pour nourrir des gens.

Puis, il y a quelques jours, on a aussi commencé à rassembler sur le terrain vague adjacent d’autres espèces animales, des vaches et des chèvres surtout, sous des tentes en plastique. Ça ressemblait à un espèce de camps de réfugiés, mais pour animaux. En fait, on y préparait la fête d’aujourd’hui, le Aïd el-Kebir, qui s’appelle ici en Turquie “Kurban Bayramı”, la fête du sacrifice. En rappel à Abraham qui a pas été obligé de tuer son fils parce qu’un mouton s’est retrouvé tout à coup sous son couteau sacrificiel.

Bref, l’idée de cette fête, c’est de s’acheter un gros animal et de le tuer pour une méga grosse bouffe familiale. En se baladant dans les rues, on a rencontré quelques candidats esseulés, mais la plupart sont rassemblés sur ses sites de vente. On aurait pu se ramener un boeuf pour souper, mais il nous manquait un peu de cash et de place dans le congélateur.  Selon mes informations, se vendent environ 2000 lires, les grosses vaches. Méga bouffe, je disais.

Voici donc quelques candidats:

Les bêtes se font souvent sacrifier et arranger directement sur le site. Ou dans la rue. Le sang coulait à flot, parmi les tas de fumier et les restes d’entrailles abandonnées. Par moments, je dois l’admettre, un peu dégueu. Je suis gentille, je ne mettrai pas de photos trop hardcore.

Les petites filles mettent leur plus belle robe et les hommes s’habillent chic aussi, tout de suite après avoir égorgé l’animal de leur choix, s’entend.

Et encore une fois, il s’agit d’une occasion pour les enfants d’aller quêter des sucreries chez les voisins.  On s’est donc encore fait prendre sans bonbons quand les enfants ont sonné à la porte. Cette fois, ce sont des clémentines et des pièces de 10 koruş qui ont fait l’affaire. Je commence à mieux comprendre les tites-vieilles qui nous donnaient de décevantes pommes et deux-trois pepperman à l’Halloween.

5 réponses à Et le sang coulait dans les rues

  1. C’est bien de s’habiller chic pour aller à un méchoui.

  2. OUI! nous sommes experts en la matière.

  3. bon c’est promis, c’est ma dernière photo de la chine que je mets sur ton blog sur Istanbul – quoi que j’aurai bien aussi qqch sur le ligne qui sèche dans les rues mais bon… ; – ) – Bref, je commence quand même à me poser des questions sur les nombreuses similitudes entre la Turquie & la Chine… à moins que se soient nos regards qui aillent dans les mêmes directions…
    http://www.flickr.com/photos/virginiem/4034469198

  4. Oui!
    Ça impressionne toujours, je crois, le décapitage de ces bêtes qu’on voit toujours sous format prédécoupé sans queue ni tête!

  5. Ping : Il est grand temps… | istanbul et les autres

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